LE MONTPELLIER HEBRAIQUE :
JE ME SOUVIENS…

2000 – 2010 : L’Institut a 10 ans 

Ancienne/Nouvelle Provintzia Judaica :
de « l’internationale andalouse » aux Juifs du XXI e si
ècle

Dix ans d’existence, dix années axées sur la transmission de l’héritage civilisationnel du peuple juif.

Une décennie à recevoir parmi les plus grands, grands non tant par leur notoriété que par leur humanité, leur érudition, leur intelligence, leur sagesse.

Les Prix Nobel Elie Wiesel et Claude Cohen – Tennoudji, les ambassadeurs Nissim Zvili et Elie Barnavi, les journalistes Jean – Claude Guillebaud, Antoine Spire et Laure Adler, les universitaires Moshe Idel, Marc Ferro, Mohamed Arkoun, Mohammad Ali Amir Moezzi, Mireille Hadas – Lebel, Michel Winock, Pierre – André Taguieff, les intellectuels Bernard – Henri Lévy et André Glucksmann, les cardinaux Jean – Marie Lustiger et André Vingt – Trois, le Père Desbois, l’avocat et historien de la Shoah Serge Klarsfeld, etc.

La liste est trop longue des personnalités plus prestigieuses les unes que les autres, invitées par Michaël Iancu ; le jeune directeur de l’Institut, maître de conférences à l’Université de Cluj, qui a su asseoir cette institution dans le concert culturel de la ville, dans la mosaïque associative de la cité. Un travail qui n’aurait pu être entrepris sans l’impérieuse et efficace action de Guy Zemmour, président délégué, le duo à l’unisson ayant réussi par son travail quotidien de qualité, à doter Montpellier d’une structure sur l’intellectualisme juif qui fait honneur à la mémoire hébraïque de la cité. Non un concert de louanges, mais une reconnaissance du travail accompli, un écho entendu au-delà de la ville de la Montagne (Ir ha ‘Har en hébreu). Un essai transformé, un pari réalisé avec patience !

Et l’Histoire continue : la venue de l’homme de théâtre et de cinéma Daniel Mesguich, directeur du Conservatoire d’Art Dramatique de Paris pour une lecture de textes le 2 mars salle Pétrarque, celle du ministre, politologue et philosophe Andrei Marga, (le 22 juin, salle Pétrarque autour de « La contribution juive à l’identité européenne), celle de l’ambassadeur et historien Elie Barnavi le 5 novembre prochain autour de l’Europe ; ou encore la réception des universitaires Robert S. Wistrich de l’Université Hébraïque de Jérusalem autour de « Théodore Herzl après 150 ans –mystique, politique et identité juive» ( le 11 février 2010, salle Pétrarque), et Benjamin Stora de l’INALCO (le 9 février, salle Pétrarque pour « Le mode d’écriture de l’histoire algérienne » .
L’histoire multi-séculière du judaïsme algérien sera traitée à l’occasion d’un colloque universitaire les 10,11 et 12 novembre ; l’histoire multi-millénaire de la nation d’Israël sera traitée par le professeur Wistrich pour la période contemporaine mais également par Mireille Hadas Lebel, professeur à la Sorbonne, pour la période antique avec « Rome, la Judée et les Juifs », intitulé de son dernier – remarquable et remarqué – ouvrage.

Bâtisseurs : l’esprit des lieux
Comme le soulignait en janvier 2000, lors de la conférence inaugurale de création de l’Institut Maïmonide, le professeur Georges Frêche, alors député – maire de la ville, aujourd’hui président de l’Agglomération de Montpellier et du Conseil Régional Languedoc-Roussillon (et qui interviendra le 12 janvier 2010, salle Rabelais pour une rencontre autour « De l’Euro – Méditerranée… »): « Edifier, construire des bâtiments n’a de sens que si l’on y insuffle l’esprit » ; ce même esprit, fait de rationalité grecque, de sagesse monothéiste et de curiosité intellectuelle qui animait nos sages hébraïco-occitans médiévaux; l’Institut l’a fait sien, proposant au passage un panorama, une mosaïque la plus complète possible du peuple d’Israël.
L’Institut euro – méditerranéen jettera l’ancre sur les rives ottomanes, année de la Turquie oblige ; l’IUEMM s’inscrivant le 30 novembre salle Pétrarque avec Naïm A. Güleryuz et Sami Saddak, dans l’appréhension de la spécificité séfarade turque, un pan du peuple juif diasporique essentiel.

« L’internationale andalouse »
L’appellation est de
Moshe Idel, décrivant les pérégrinations au XIIe siècle de ces Juifs de souche andalouse fuyant les persécutions des Almohades et qui ont imprégné de leur érudition les cités languedociennes à l’instar des Tibbon à Lunel et Montpellier ou des Kimhi de Narbonne. Ce sont les villes méridionales qui furent gagnantes ; le meilleur exemple étant sans nul doute Montpellier, où passeurs de culture, les lettrés juifs véhiculèrent tout le legs gréco-arabe.
Ce même Moshe Idel, universitaire de renom, probablement le plus grand savant contemporain en matière de recherche kabbalistique, (invité par l’institut en 2008 à l’occasion du colloque scientifique international consacré aux relations Israël/diaspora, et qui a donné une mémorable leçon en la salle Pétrarque sur « Maïmonide et la mystique juive »), interviendra à nouveau pour les 10 ans le 3 décembre prochain, salle Pétrarque, sur les « Nouvelles perspectives autour du Rabbi Israël Baal Shem Tov . » De lignée rabbinique, il en sera question avec le journaliste et écrivain
Victor Malka, le 17 décembre, salle des Trois Arches.

Dessiner les contours de l’Institut de demain
Le patrimoine juif hexagonal, Laurence Sigal l’abordera le 16 mars salle Pétrarque autour d’un « Bilan et perspectives des usages du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme de Paris. » Si l’on assiste depuis le début des années 2000 à une résurgence de l’antisémitisme en France et dans le monde, sous de multiples formes (négationnisme, antisionisme, « cet antisémitisme qui ne dit pas son nom »), force est de constater qu’il n’y a jamais eu en Europe une telle curiosité, une telle recherche des racines juives et judéo-chrétiennes du Vieux Continent. L’Institut quelque part y participe, poursuivant avec méthode et abnégation la fructification de l’héritage hébraïque archéologique et historique méridional quasiment unique en France. Telle est et telle sera sa mission pour la prochaine décennie.

Reflet du mikvé
La riche et brillante histoire des judaïcités languedociennes, dont le récent mahzor retrouvé (recueil hébraïque liturgique du XIVe, dit en hébreu : « Mahzor Montpellier »), en est une preuve supplémentaire (rendons grâce au maire Hélène Mandroux et à la municipalité de Montpellier d’avoir eu la lucidité d’acquérir, que dis-je, de récupérer son patrimoine !), se reflète à nouveau et avec souffle dans l’eau séculière du mikvé.

Voie et destin du peuple juif
Outre l’intérêt patrimonial, architectural et historique que sa mise à jour a provoqué, le mikvé, son eau, ont permis d’irriguer les études juives. En découlent les travaux de la synagogue du XIIe délimitée sur deux niveaux (salle basse et salle haute) qui permettront tout autant d’écouter et d’entendre en mode majeur et ad libitum, la résonance vibrante de la fine et si singulière, longue et émouvante histoire trans – générationnelle du judaïsme montpelliérain. « L’avenir appartient à ceux qui auront la mémoire la plus longue » disait le Besht (acronyme du Baal Shem Tov). Voies, voix et destinée du peuple juif.

René Samuel SIRAT, président

 

 

 

 

 

 

Jean Paul II et René Samuel SIRAT à Jerusalem

 

 

 


Actualité    Programme    Histoire    Vidéos     Liens     Contact     Accueil


Copyright © RG Design Agence de création et conception site web - www.rgdcom.fr