QUESTIONNER, ENCORE ET TOUJOURS

 

Avec la fidélité au Livre et à la loi mosaïque, c’est sans aucun doute l’une des clés de la longévité et de la vitalité du « peuple à la nuque raide ».
Certaines des plus grandes civilisations méditerranéennes antiques (égyptienne, assyro-babylonienne, phénicienne, grecque, romaine) ont disparu dans les prestigieux couloirs civilisationnels de l’histoire.
Le peuple hébreu s’est maintenu, malgré les conditions tragiques de la diaspora, se nourrissant et nourrissant de son errance, les peuples qu’il a rencontrés.

Le Juif et "l'Euro - Méditerranée"

L’ostracisme, la marginalisation, les persécutions dont les Juifs furent l’objet dans la sphère euro-méditerranéenne ne doivent point pour autant masquer les moments fastes de l’interpénétration culturelle, religieuse et sociale dont ils furent les acteurs. Guy Dugas, professeur à l’Université Paul Valéry de Montpellier interviendra en ce sens le 18 décembre prochain. Nos ancêtres les Gaulois……. et les Hébreux ?
Les populations juives européennes sont multiples tant culturellement, sociologiquement que linguistiquement. Comme le souligne la sociologue Doris Bensimon « leur émancipation, plus ou moins tardive selon les Etats, a marqué un tournant dans leur histoire, une histoire millénaire, lorsque l’on songe à celle des Juifs du sud de la France qui remonte au début de la Gaule romaine. Dans la continuité de la chute de Massada, dernière citadelle d’Israël en 73 de notre ère, de nombreux réfugiés vinrent en Gaule et s’établirent dans des cités comme Arles ou Narbonne ».

Kabbale

Ces Juifs médiévaux du Midi de la France, avant les expulsions du XIVe siècle, furent actifs en Languedoc – Provence dans les échanges commerciaux (actifs dans le négoce des tissus et soieries à Montpellier, monopole du corail à Marseille, des amandes à Aix-en-Provence), échanges intellectuels (érudits ibériques traducteurs et médecins, etc.), mais également dans les sciences mystiques et théologiques (Kabbale et Talmud).
Et c’est pour cela qu’une place non négligeable est accordée cette année à la Kabbale. Car Languedoc rime avec Kabbale. L’Institut aura le privilège et l’honneur d’accueillir le 27 mai 2008, Moshé Idel, professeur à l’Université Hébraïque de Jérusalem, considéré comme le plus grand spécialiste contemporain. Kabbale encore et toujours avec Dominique Triaire, professeur à l’Université Paul Valéry, pour une conférence le 31 mars, autour de l’intitulé La figure du Cabaliste dans « le manuscrit trouvé à Saragosse » de Jean Potocki.
La période moderne et contemporaine sera également à l’honneur le 15 novembre avec Béatrice Philippe, professeur émérite des universités ; l’Institut poursuivant son immersion historique sur le judaïsme hexagonal.
C’est de cette mémoire commune hébraïco-occitane et judéo-chrétienne qu’il importe de garder à l’esprit, de cette histoire qu’il convient d’apprendre (ou de réapprendre), à l’heure où racisme et antisémitisme s’offrent une nouvelle jeunesse en Europe. « Certains font de la prose sans le savoir » disait M. Jourdain. Il en va ainsi de l’antisémitisme.
La diabolisation de l’autre au cours de l’histoire ? De l’élection du Juif pourrions-nous répondre, tant la figure d’Israël, en tant que peuple ici, a été travestie. Robert S. Wistrich, professeur à l’Université Hébraïque de Jérusalem et directeur du Vidal Sasson International Center for the Study of Antisemitism, interviendra sur ce sujet le 14 février.
Quel avenir pour les Juifs de France ? Une rencontre autour de Richard Prasquier, nouveau président du CRIF envisagera les perspectives et les enjeux d’une communauté raisonnablement inquiète. Ces Juifs, qui au cours de leurs tribulations euro-méditerranéennes, ont eu la faculté de tourner en humour et dérision leur propre condition, sans pour autant oublier leur souffrance. C’est ainsi que s’inscrit la rencontre « L’humour juif, antidote à l’antisémitisme ? », avec l’écrivain et journaliste Victor Malka, le 4 février.  

Des médias du journalisme, de l'information ...

Il en sera question avec Dominique Wolton, chercheur au CNRS, Richard Werly, correspondant à Bruxelles du quotidien suisse Le Temps et Aude Marcovitch, correspondante de l’AFP auprès de l’ONU, qui traiteront de la place et du rôle de l’information dans nos sociétés occidentales en crise.

Lectures qui rassemblent, lectures qui séparent

Pilier et statut de l ’association, aux côtés de l’enseignement de l’histoire et de la civilisation du judaïsme et d’Israël, le travail inter-religieux se poursuit avec le 4 décembre un trialogue entre les Religions du Livre ; puis en janvier avec une rencontre inédite et novatrice entre Judaïsme et Bouddhisme. Elargir le champ des rencontres dans le dialogue, « aiguillon pour disciples » non confinés dans des certitudes. Car de religion ou de fait religieux, il en est question au quotidien. Un retour du religieux en force en ce nouveau millénaire : l’Ambassadeur Elie Barnavi, professeur à l’Université de Tel-Aviv et directeur du Musée de l’Europe à Bruxelles, prononcera à ce propos la leçon inaugurale de l’année universitaire 2007/2008, autour de son dernier ouvrage « Les religions meurtrières ».

Israël

L’année 2008 marque enfin le 60e anniversaire de l’Etat d’Israël. Tournant majeur dans l’histoire du peuple juif, cet événement sera abordé à l’occasion d’un colloque scientifique international fin mai.

Juif et Chrétien à la foi

Oeuvrant pour une mémoire vivante du judaïsme local et régional, innovant tout en restant fidèle à nos principes fondateurs, nous abordons cette neuvième saison en rendant hommage au Cardinal Archevêque Aaron Jean-Marie Lustiger, qui fit à l’Institut, l’insigne honneur de venir le 17 janvier 2006 en la salle Molière de Montpellier ; cet homme qui n’eut de cesse de méditer sur l’humain, et dont la sagesse n’avait d’égale que l’honnêteté intellectuelle qui l’habitait. Son affirmation être juif et chrétien à la fois, nous a gravement interpellés et inquiétés par les risques de syncrétisme dont elle est porteuse… Il était  toutefois l’incarnation de ce XXe siècle européen si tourmenté, de ce monothéisme exempt de tout fondamentalisme, possédant cette grandeur d’âme admirable, cet amour de Dieu, si nécessaire aujourd’hui, ce courage exemplaire. Sa parole, écoutée et entendue, résonnera longtemps

René Samuel SIRAT, président

 

 

 

 

 

 

Jean Paul II et René Samuel SIRAT à Jerusalem

 

 

 


Actualité    Programme    Histoire    Vidéos     Liens     Contact     Accueil


Copyright © RG Design Agence de création et conception site web - www.rgdcom.fr