Institut Universitaire

Maïmonide - Averroès - Thomas d'Aquin

"Soulages. D’une rive à l’autre" par l'écrivain Michaël de Saint-Chéron

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Les Rencontres de Maïmonide - Averroès - Thomas d'Aquin

Mardi 18 février 2020 - 18h30 - Salle Pétrarque - Entrée libre

"Soulages. D’une rive à l’autre"

par Michaël de SAINT-CHERON, Haut fonctionnaire au ministère de la Culture et écrivain.

« Ce livre est habité par la rencontre de et avec Soulages. Ses rencontres ont marqué à jamais sa vision de l’art : d’abord avec l’archéologie et l’art pariétal, ensuite avec Conques et l’art roman, enfin avec l’abstraction pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses grandes rencontres des années 1950-1960, avec Picabia, Hartung, Atlan, Senghor, puis autour de Conques avec Georges Duby et Jacques Le Goff, sont aussi des moments phares de son œuvre, comme l’est sa rencontre avec le Japon. Michaël de Saint-Cheron et Matthieu Séguéla tracent ici un triangle d’or entre l’art de Soulages, l’Afrique noire et le pays du Soleil levant. Ce livre analyse l’outrenoir à travers une double approche novatrice confrontée à l’histoire du xxe siècle et au dialogue des cultures et des arts. Tout l’art de Soulages sur plus de quatrevingts ans de création s’inscrit de façon unique dans l’histoire de l’art autant que dans la philosophie de l’art. Œuvre unique au siècle de tous les “ismes” (cubisme, expressionnisme, dadaïsme ou surréalisme), l’outrenoir n’a pas vraiment d’équivalent. Soulages à travers l’outrenoir ne se situe pas non plus tout à fait ou pas seulement dans l’abstraction. Ayant dialogué avec les artistes majeurs de son siècle, il ne cesse de questionner, d’analyser sa propre fascination pour le noir. Après la disparition de Pierre Encrevé en février 2019, qui marque d’une empreinte indélébile les études soulagiennes sur près de cinquante ans, d’autres voix se font entendre depuis les années 2000, offrant de nouvelles approches d’une œuvre polyphonique qui irrite ou fascine les amateurs d’art et plus encore les spécialistes. Les auteurs apportent à leur tour une lecture, un nouveau regard sur l’artiste, qui aura cent ans en décembre 2019. L’outrenoir, s’il dit la majesté, l’autorité du noir, du goudron, dit autant ou plus encore l’inexplicable d’une “œuvre au noir”, toute hantée par cette totalisation de toutes les couleurs qui, ce faisant, les annihile par absorption. Le noir, qu’est-ce d’autre pour Soulages sinon une extrême fragilité marquée par “sa pauvreté de salissure” ? Les verrières de Conques constituent l’indispensable contrepoint de l’outrenoir. »

Michaël de SAINT-CHERON, Soulages. D’une rive à l’autre, Paris, éditions Actes Sud, 2019.

Haut fonctionnaire au ministère de la Culture, interlocuteur d’André Malraux, d’Elie Wiesel, d’Emmanuel Lévinas et de Paul Ricoeur, Michaël de SAINT-CHERON, auteur d’une trentaine d’essais, fut aussi l’ami et le confident de Geneviève de Gaulle Anthonioz avec laquelle il écrivit un livre d’entretiens (publié en 1998 aux éditions Dervy) qu’il complète aux éditions Grasset en 2015, actualisé et augmenté d’un bref essai : La Traversée du Bien.