Institut Universitaire

Maïmonide - Averroès - Thomas d'Aquin

Qu'est-ce que penser ? Etude comparative du rôle de l'imagination chez Maïmonide et Averroès

Jan/18

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Livres M et A

Les Rencontres de Maïmonide-Averroès-Thomas d'Aquin

Mardi 16 janvier 2018 - 20h - Salle Pétrarque - Entrée libre

"Qu'est-ce que penser ? Etude comparative du rôle de l'imagination chez Maïmonide et Averroès"

par Salim MOKADDEM, professeur de philosophie à l'Université de Montpellier.

« La rationalité occidentale s'est construite dans la réception des savoirs complexes qui la composent; cette complexion est faite de choix de connaissances, de sélections de "vérités", de refus de reconnaissances de certains corpus de textes. Les lectures d'Aristote, de Platon, par exemple, ne sont jamais neutres : elles sont constituées de déterminations archéologiques, dans leurs orientations interprétatives et de moments particuliers caractérisant les décisions historiques, philosophiques prises quant à la formation des fondements et des principes qui structurent l'histoire discontinue des pratiques théoriques. Ainsi le rapport à l'imagination dans la philosophie classique et contemporaine est indissociable de la manière de concevoir les liens entre perceptions des expériences, images idéelles de leur représentation, concepts, et production des sens et des significations de leurs contenus conceptuels. Nous voudrions montrer comment l'Occident s'est construit en inventant un mythe philosophique : l'Orient, et comment cette culture de soi a produit un type particulier de pratiques textuelles interprétatives, d'exégèses, ou de "critique" herméneutique, en inventant une faculté négative, l'imagination, qui était, pour Maïmonide et ibn Rûshd une faculté de lire le Réel et de le prolonger alors dans une théorie ontologique de la connaissance où l'imagination ne s'oppose pas à la raison dans l'imaginaire. La rationalité philosophique s'appuie sur une éthique interprétative complexe où le fait, l'expérience du sens, l'herméneutique, n'est pas de l'ordre de l'infra conceptuel, mais relève plutôt d'une lecture symbolique de l'acte interprétatif. Le présent des vérités philosophiques oblige alors à une posture éthique du sujet qui les pense en se mettant dans un régime discursif spécifique et en vivant son être au monde de manière non immédiate et substantielle. La temporalité de l'imagination symbolique suppose un arrachement au monde des faits et une présence à soi relevant d'un travail permanent de soi sur soi, de soi dans le monde et de l'autre en soi. Cette actualité de la faculté de lire et de penser l'événement de sens peut nous libérer de la réification des vérités et  des processus idéologiques visant à transformer des connaissances en processus de normalisations interprétatives et en opinions dogmatiques, non ouvertes à la pluralité des sens et des non-sens historiques, qui définissent nos libertés. »

Après des études de philosophie à l'Université Paris1/Panthéon-Sorbonne : Agrégation de philosophie ; diplôme de troisième cycle (EPHE/Paris 1-Sorbonne) sur La politique de la philosophie ou la volonté de vérité dans l'archéologie de l'histoire des systèmes philosophiques ; Diplôme d'études approfondies de philosophie : Le système de la nature et du langage dans la philosophie idéaliste de George Berkeley, sous la tutelle de Paulette Carrive ; et une Maîtrise de philosophie sous la tutelle de Pierre Macherey : La philosophie comme Système. La visée encyclopédique de G.W.F. Hegel, sous la direction de Pierre Macherey, Salim MOKADDEMest aujourd’hui Professeur de philosophie à l'Université de Montpellier et Chercheur associé au LIRDEF, EA 3749 et au GSRL (EPHE/Paris 1-Sorbonne). Membre du comité scientifique de la revue brésilienne internationale de philosophie Dialektiké, Expert Technique International au MEAE, Animateur des Ateliers de philosophie au Théâtre européen de l'Odéon, Paris et Psychopédagogue, formateur, à l'ESPé d'Occitanie, il est Conseiller technique à la Présidence du Niger.

En collaboration avec la Librairie Sauramps et Radio Aviva.