Institut Universitaire

Maïmonide - Averroès - Thomas d'Aquin

Adorno et le Judaïsme. Notes pour un dialogue imaginaire

déc/17

05

A

Les Conférences des Tibbonides

Samedi 9 décembre 2017 - 18h30 - Salle Pétrarque - Entrée libre

"Adorno et le Judaïsme. Notes pour un dialogue imaginaire"

par Gilles MOUTOT, maître de conférences en philosophie à la Faculté de médecine de l’Université de Montpellier et Véronique MOUTOT-NARCISSE, professeure au lycée Joffre de Montpellier.

« Figure emblématique, avec Max Horkheimer et Herbert Marcuse, de l’École de Francfort, Theodor W. Adorno (1903-1969) est également représentatif de cette génération de penseurs juifs allemands qui, issus de familles assimilées, élaborent une critique radicale de la société dans laquelle leurs pères ont réussi à obtenir des positions favorables. Une telle critique, toutefois, ne s’exerce nullement au nom d’un quelconque retour à la religion et à la vie juives ; elle ne s’articule pas non plus, contrairement à ce que donne par exemple à voir l’itinéraire de Gershom Scholem, au projet sioniste. Bien plutôt s’agit-il d’une théorie critique d’inspiration marxiste et qui – comme cela, au reste, fut déjà le cas chez Marx – recourt avant tout à l’outillage conceptuel forgé par la tradition philosophique allemande. Pour autant, on ne saurait esquiver ce constat : s’emparant d’un tel équipement intellectuel en vue, précisément, d’en renouveler le potentiel critique, Adorno déploie un certain nombre de motifs (une pratique de l’interprétation mettant au jour une tension irréductible entre la lettre et l’esprit, une défense réitérée de la différence et de la non-identité contre les puissances de la totalité et de la synthèse, etc.) dont l’agencement fait apparaître quelque chose comme une rémanence des traits les plus caractéristiques de la pensée juive – et en particulier de l’art herméneutique recueilli dans le corpus talmudique. Comment, dès lors, définir la place que cette tradition peut occuper au sein d’une pensée qui, ne l’ayant jamais rencontrée, y trouve cependant la provenance de sa singularité ? Comment décrire l’importance philosophique de ce qui ici, sous le terme de judaïsme, se rend décisivement présent du fait même de son absence ? Ce sont des questions de cet ordre qu’on voudrait tenter de développer. »

Gilles MOUTOT est maître de conférences en philosophie à la Faculté de Médecine de l’Université de Montpellier.

Véronique MOUTOT-NARCISSE est professeure au Lycée Joffre de Montpellier.

En partenariat avec l’Association Montpelliéraine pour un Judaïsme Humaniste et Laïque.