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Maïmonide - Averroès - Thomas d'Aquin

Editorial

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Les Conférences des Tibbonides

Mardi 13 décembre 2016 - 20h - Salle de la Bibliothèque Lucette Seznec - Institut - Entrée libre

"Les douze...
Les Conférences des Tibbonides

Mercredi 30 novembre 2016 - 18h30 - Salle Don Profiat - Institut - Entrée libre

"Les lieux de mémoire du Midi"

par...
Les Rencontres de Maïmonide-Averroès-Thomas d'Aquin

Lundi 21 novembre 2016 - 20h - Salle Pétrarque - Entrée libre

"Les Hommes en trop. La...
Terre d'élection du judaïsme, tel fut et demeure le Sud de la France. De l'époque florissante du Moyen Âge à aujourd'hui, sans oublier les heures sombres de la...

 

Éditorial de Mireille HADAS-LEBEL

« L’idée d’une plate-forme où se rencontreraient les trois monothéismes, et placée sous l’égide des plus grands penseurs médiévaux de ces trois religions, Maïmonide, Averroès, Thomas d’Aquin, vient de recevoir une nouvelle impulsion suite au souhait de Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole. Elle avait été émise il y a déjà plus de quinze ans par Georges Frêche et encouragée par le professeur René-Samuel Sirat, président fondateur de l’Institut Maïmonide dès 2001, comme on peut le constater par ce qu’il écrivait dans un Editorial visionnaire.

René-Samuel Sirat : « Année de mutation pour le jeune Institut Maïmonide qui voit s’adjoindre au pilier central qu’est et demeure l’enseignement de disciplines ayant trait au judaïsme, celui de la connaissance des mondes musulman et chrétien. Montpellier retrouverait les valeurs qui furent les siennes au cours des siècles, empreintes d’humanisme, de tolérance, de dialogue inter-culturel, intellectuel et scientifique. La Cité de Montpellier a toujours prôné une amitié fraternelle entre les tenants des religions du Livre, basée sur l’enseignement de l’estime et a toujours été ouverte au dialogue avec les agnostiques. On apprend de son prochain, et le connaissant, on l’estime davantage. Il est vrai que Montpellier n’a eu de cesse que de décliner ces principes au nom d’une certaine largesse d’esprit qu’elle a fait sienne, dès la fondation de la Ville, où Chrétiens, Juifs et Musulmans s’écoutaient, conversaient, échangeaient, dialoguaient dans de très nombreux domaines, et tout particulièrement dans celui de la médecine. L’Institut Maïmonide verrait ainsi s’adjoindre les noms d’Averroès et Thomas d’Aquin, les deux autres grandes figures médiévales d’un Islam et d’une Chrétienté tolérants et foisonnants, où foi et raison coexistaient harmonieusement. Une mutation nécessaire portée par la mémoire locale, un besoin lorsqu’on contemple une actualité tragique, qui ne paraît guère tirer les leçons de l’Histoire. Montpellier s’inscrirait de la sorte avec force et espérance dans un vingt-et-unième siècle hasardeux où la lutte contre le fanatisme religieux et la violence aveugle, sera le principal enjeu et défi. Par la connaissance, il est possible de baliser des lendemains moins tragiques. N’en doutons pas et à notre échelle, essayons de contribuer avec l’Institut, à redonner sens au mot PAIX, une paix extérieure tout autant qu’intérieure, valeurs trop souvent oubliées par les hommes. Gardons au coeur l’espérance. Bonne et studieuse année ».

Pour cette année charnière qui préside au changement de nom de l’Institut, notre formation universitaire – élargie – accentuera – dès l’automne 2016 – son ouverture sur la Cité en organisant les : « Rencontres de Maïmonide, Averroès, Thomas d’Aquin » pour lesquelles Michaël Iancu a prévu un stimulant programme. Elles se tiendront pour partie dans la Salle Pétrarque médiévale.

Après la conférence inaugurale du maire Philippe SAUREL et de Gilbert DAHAN (CNRS, EPHE), le 19 octobre 2016, c’est Paul FENTON professeur des Universités, qui se penchera le 9 novembre 2016 sur : « Les destins croisés d’un philosophe juif et d’un philosophe musulman : Maïmonide et Averroès ». Dans l’ordre chronologique, suivra, Jean-François COLOSIMO, directeur des Editions du Cerf, qui traitera le 21 novembre des « Hommes en trop. La malédiction des Chrétiens d’Orient », d’après son ouvrage publié en 2014.
Le 19 décembre, deux voix féminines évoqueront « Une enfance dans la guerre d’Algérie 1954-1962 » à partir de la collecte de témoignages chrétiens, musulmans et juifs : Leila SEBBAR (éditrice), et Behja TRAVERSAC nées de l’autre côté de la Méditerranée et qui n’ont de cesse de relier les deux rives. Un débat animé par Marc BONAN.
Le 17 janvier 2017, Palerme (jumelée avec Montpellier) sera à l’honneur sous la houlette de Henri BRESC, professeur émérite de l’Université de Paris X-Nanterre co-auteur d’un ouvrage Palerme, ville creuset. XIIe-XVe siècles, paru chez Autrement (1993).
Le 13 février, le psychanalyste et écrivain Daniel SIBONY traitera d’« Un certain "vivre ensemble" : Musulmans et Juifs dans le monde arabe ».
Le 21 février, Emmanuel PISANI, théologien chrétien oeuvrant à Montpellier (Centre Lacordaire) évoquera un théologien musulman du XIIe siècle, d’après sa thèse de 2014 couronnée en mai 2015 du Prix Mohammed Arkoun (personnalité décédée que l’Institut Maïmonide avait d’emblée intégré dans son Conseil scientifique) : « Hétérodoxes et non-musulmans dans la pensée d’Abû Mâmid al-Gazâli ».
Le 27 mars, Philippe BOBICHON de l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes (IRHT), qui a traduit de l’hébreu en français une correspondance fictive entre Maïmonide et Averroès, interviendra sur les trois grands philosophes dont notre Institut porte désormais le nom.
Quant aux « Conférences des Tibbonides » qui avaient été préalablement programmées et leurs auteurs contactés, elles s’enchaîneront ainsi dans la Salle Don Profiat - du nom du dernier de la lignée des Tibbonides :
Dès le 30 novembre 2016, Christian AMALVI (professeur à l’UPV), maître d’oeuvre avec Rémi Pech de la nouvelle Histoire de Montpellier (Privat, 2016), évoquera les « Lieux de mémoire du Midi ».
Le 13 décembre, Jean-Pierre ALLALI présentera la destinée insolite des Juifs d’Azerbaïdjan : « Les 12 pierres de Quba. A la découverte des Juifs des montagnes ».
Le 24 janvier 2017, le chercheur et écrivain Philippe OLIVIER-ACHARD s’interrogera et nous interrogera : « Quel avenir pour les compositeurs et les instrumentistes rescapés des camps de la mort ? ».
Le 13 mars, Annick ASSO (UPV), se penchera sur les tragédies des génocides du XXe siècle d’après son ouvrage intitulé : le Théâtre du génocide. Shoah et génocides arménien, rwandais, bosniaque publié en 2013 (Paris, H. Champion).
Le 19 avril, Michel DE SAINT-CHÉRON, auteur prolixe habitué de l’Institut traitera des « Ecrivains français et l’antisémitisme ». Pour ma part, j’aurai le plaisir de traiter d’« Hérode le Grand », le 3 mai.
Deux parenthèses artistiques à noter également dans la programmation : « La poésie dans l’espace méditerranéen » sera remplie par Charles EBGUY le 16 mai ; « Mordekhay Gebirtig et la chanson populaire yiddish », ressuscités le 7 juin avec Liliane LEBEN-LOISON.
Georges BENSOUSSAN, l’un des spécialistes français de la Shoah, clôturera une année universitaire solide le 27 juin, avec son dernier ouvrage : L’histoire confisquée de la destruction des Juifs d’Europe. Usages d’une tragédie (PUF, 2016).

Mireille HADAS-LEBEL, Professeur émérite de l'Université Paris-Sorbonne et Présidente de l'Institut Maïmonide.