Institut Maïmonide

Universitaire Euro-Méditerranéen

Editorial, par Guy Zemmour

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Nouvelle brochure, nouveau programme pour une nouvelle saison, celle du 15e anniversaire de l'Institut Maïmonide !

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Les Rencontres de Maïmonide - Conférence inaugurale, saison 14-15

Mardi 21 octobre 2014 - 20h - Salle Pétrarque - Place Pétrarque - Entrée libre

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Amitié Judéo-Chrétienne de France, section Jules Isaac Montpellier

Jeudi 23 octobre 2014 - 18h - Salle Don Profiat - Institut Maïmonide - Entrée libre...
Livre MI
Terre d'élection du judaïsme, tel fut et demeure le Sud de la France. De l'époque florissante du Moyen Âge à aujourd'hui, sans oublier les heures sombres de la...

 

Editorial, par Guy Zemmour
 

L'Institut file sur ses 15 ans...

Altruisme et tolérance

                2000-2015 : 15e anniversaire de l’Institut Maïmonide. Quinze années fécondes, l’Institut ayant eu l’honneur d’accueillir d’éminentes personnalités dans l’esprit voulu par les fondateurs : dialogue et connaissance. L’histoire de Montpellier, il est vrai s’y prête, notamment pour la période médiévale : rencontres judéo-chrétiennes autour du legs gréco arabe. Si Montpellier est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est grâce à son Université, son Ecole de Médecine médiévale. Ces rencontres entre élites monothéistes autour du savoir, nous avons souhaité les conjuguer à l’époque contemporaine. L’actualité le suggérait : La conciliation de la Foi et (ou) de la raison étant toujours et avec force sur le devant de la scène. Une mauvaise compréhension des Religions du Livre, une lecture fidéiste non étayée par la raison et l’on parvient à l’inverse du message d’altruisme, de tolérance et de justice que comprennent les courants abrahamiques bien entendus ! Créé en janvier 2000 par les universitaires René-Samuel Sirat et Georges Frêche, sous l’égide de la Ville de Montpellier, avec l’appui de la Région Languedoc-Roussillon (depuis 2004) et du Conseil Général de l’Hérault, l’Institut Maïmonide s’était donc donné pour mission, outre d’instruire l’histoire et la civilisation du peuple juif, de valoriser le glorieux passé intellectuel hébraïque médiéval que possédait Montpellier au Moyen-âge et de conjuguer un dialogue interreligieux fructueux.

                Cette structure basée sur l’emplacement du quartier juif médiéval, dans l’Espace cultuel hébraïque du XIIe siècle, a reçu d’éminentes personnalités, intellectuels, universitaires, journalistes, parmi lesquels, Elie Wiesel, Claude Cohen-Tennoudji, les Cardinaux Jean-Marie Lustiger et André Vingt-Trois, les Archevêques Jean-Pierre Ricard et Guy Thomazeau, le Pasteur Jean-Arnold de Clermont, Ady Steg, Serge Klarsfeld, Elie Barnavi, Moshe Idel, André Glucksmann, Théo Klein, Paul Thibaud, Marc Ferro, Bernard-Henri Lévy, Jean-Claude Guillebaud, Daniel Mesguich, Dalil Boubakeur, Mohamed Arkoun, Mohammad-Ali Amir-Moezzi, le Père Patrick Desbois, Michel Winock, Emmanuel Le Roy Ladurie, Alain Dieckhoff, Mireille Hadas-Lebel…

                15 années de conférences, rencontres, séminaires, colloques, tables rondes, lectures, concerts. Et comme pour récompenser l’Institut de son œuvre et la Ville de Montpellier pour son appui constant, le président fondateur de l’Institut, le professeur et Grand Rabbin Sirat vient de faire don de sa bibliothèque personnelle riche de 12.000 volumes. Quel beau symbole ! Le peuple juif, le peuple d’Israël… c’est le Livre, la Bible, d’abord. Puis le Talmud, sciences religieuses, mais aussi sciences profanes. Que de traces éminentes laissées par le calame, la plume, l’écriture, par les écrivains, les romanciers, les Prix Nobel juifs. L’Institut a d’ailleurs eu la chance de recevoir deux Prix Nobel : Claude Cohen-Tannoudji en 2002, et Elie Wiesel en 2003 et 2008.

                Verba volent, scripta manent, « la parole s’en va, l’écrit reste. » Cette année est donc à marquer d’une pierre blanche. Et Dieu sait qu’il n’en manque point rue Barralerie dans le chantier de fouilles de la synagogue médiévale ! Ce don précieux permettra à notre Association de s’ancrer d’avantage encore dans la politique pluriculturelle de la Cité. Et de poursuivre sa mission : le dialogue interreligieux nourri par la notion d’altérité ; les conférences de Mireille Hadas-Lebel, Esher Starobinski, Maurice Halimi ou Boualem Sansal s’appuyant sur ces deux notions. Nous avons en effet constamment cherché à faire découvrir l’autre, tenté de le comprendre.

                L’exigence de l’Institut : la culture

                L’inculture conduit à l’incompréhension et au rejet. En ces temps de crises en France et en Europe, la haine du Juif, l’antisémitisme (qui repose sur méconnaissance et amalgame, et dont une certaine jeunesse acculturée s’en est faite le porte-voix), ne doit point laisser insensible. La programmation de l’Institut peut permettre de mieux appréhender la minorité hébraïque française, sujet depuis des siècles aux plus incroyables clichés. Car ne l’oublions jamais, les Juifs ont été, sont et seront toujours une minorité. Ils n’en demeurent pas moins l’un des ferments de l’Europe. Ils ont été précurseurs et bâtisseurs, récompensés bien trop souvent par ostracisme, exils, exodes et expulsions. Sans omettre la Shoah, l’incompréhensible Génocide juif européen. Une histoire, il est vrai, si lacrymale. Que de martyrologes ! Mais de que de réalisations aussi ! Une partition en mode majeur.

                Le destin du peuple juif ? L’Institut n’ambitionne pas de répondre à cette lancinante et difficile question, mais continue d’offrir des pistes de réflexion par sa programmation, par ses débats d’idées.

Guy ZEMMOUR, président